French Kissing: Saison Cinq (PAPIER)
French Kissing: Saison Cinq (PAPIER)
Deux ans après la fin de French Kissing: Saison Quatre...
Les amitiés vacilleront, les loyautés se fissureront, et les certitudes voleront en éclats — au lit comme en politique.
À PARTIR DU 2 SEPTEMBRE
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Description complète
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Paris… Ville Lumière, ville de l'amour… et ville de tous les pouvoirs !
Deux ans après l'élection de Dominique Laroche à la présidence de la République, sa vie à l'Élysée avec Steph met leur couple à rude épreuve. Lorsqu'une étoile montante de l'opposition dépose une proposition de loi menaçant le droit des lesbiennes à fonder une famille, Dominique se retrouve tiraillée entre ses convictions intimes et la ligne de son parti.
Animatrice radio féministe, Aurore Seauve conseille l'opposition sur ce projet — mais se laisse happer par les intrigues de l'Élysée, notamment à cause de son trouble grandissant pour Solange, la très rigide directrice de cabinet de Dominique.
Fraîchement débarquée de Sydney pour retrouver Camille, la femme qu'elle aime, Zoya Das peine à s'acclimater à un nouveau pays. Camille, elle, découvre à ses dépens que tous ses collègues ne voient pas d'un bon œil une lesbienne assumée dans les couloirs du pouvoir.
Avertissement : cet ouvrage contient un langage sensuel, des femmes qui font l'amour, une consommation immodérée de vin français, et des débats enflammés sur le féminisme et le droit à l'orgasme.
Thèmes et tropes
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- Écart d'âge
- Romance au boulot
- Couple à long terme
- Intrigue politique
- D'énemies à amantes
- Les opposés s'attirent
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Épisode quinze
Dominique
Dominique étira ses jambes et soupira. Elle ouvrit ensuite grand les bras, dans l’espoir silencieux que Steph vienne s’y blottir.
— Je vais demander à Solange de me libérer plus souvent du temps pour ça, déclara-t-elle.
Steph plongea son regard dans le sien.
— Vraiment ? Tu viens de jouir, et Solange est la première personne à qui tu penses ? s’enquit-elle avec un petit sourire.
— Oh, chérie, viens ici. Je ne te savais pas si jalouse de ma directrice de cabinet.
Dominique serra Steph contre elle, puis elle embrassa sa tempe.
— Quand je compte les heures qu’elle passe auprès de toi…
Steph déposa un léger baiser sur l’épaule de Dominique.
— Bref, tu devrais le lui demander. Je peux même m’en charger. Je l’appellerai à la première heure demain matin, ricana Steph.
— Si tu pouvais éviter. Elle ne pourra pas me regarder en face de la journée.
— Parce que rien ne dérange plus Solange Garceau qu’une allusion à l’existence de la sexualité, railla Steph. Je lui rendrai même service en lui rappelant ce qu’est l’intimité. Franchement, elle donne bien l’impression d’en manquer. Soit c’est ça, soit tu l’épuises.
— Et nous voilà, juste après un orgasme époustouflant, encore en train de parler d’elle.
Dominique roula sur le flanc et se colla contre le corps nu de Steph.
— Tu préfèrerais qu’on parle de quelqu’un d’autre ?
Steph arborait ce fameux sourire qui avait séduit de bien nombreuses femmes.
— Laisse-moi quelques secondes pour y réfléchir, plaisanta-t-elle avant d’embrasser Dominique sur le nez.
— Je préfèrerais qu’on parle de nous. Ou de toi.
— Vraiment ? Mme la Présidente ne veut pas parler d’elle-même ? Ce serait une première.
— Tu te moques de moi.
Dominique s’efforça de soutenir le regard de Steph.
— Tu n’es pas dénuée d’orgueil, bébé. C’est impossible, dans le monde politique.
Dominique ignora cette remarque et sourit.
— Parlons de toi, alors. Raconte-moi tout ce que j’ai loupé en étant trop occupée à présider notre pays. J’aimerais entendre la nouvelle la plus banale à laquelle tu puisses penser.
— Juliette est venue au bureau avec son chiot, ce matin, annonça Steph.
Dominique ferma brièvement les yeux. Lorsqu’elle les ouvrit de nouveau, elle se délecta de la vision offerte par Steph. Elles n’avaient pas assez de temps pour les instants tels que celui-ci. Pour discuter de tout et n’importe quoi plutôt que de sujets pratiques.
— Tu es si belle.
Steph battit des cils, et elles explosèrent toutes deux de rire.
— À propos de ta suggestion, reprit Steph. Laissons Solange en dehors de tout ça et planifions un moment tout de suite.
— D’accord.
Dominique récupéra son téléphone sur la table de nuit, soulagée qu’il soit resté silencieux pendant leurs ébats. Elle fit mine de jeter un œil à son écran.
— Que dirais-tu de demain, à cinq heures du matin ?
Elle observa Steph, dans l’attente de sa réaction.
— Ne fais pas ça.
— Quoi donc ?
Dominique réprima difficilement un sourire.
— Ne tente pas de me rendre matinale. On a essayé. Ça n’arrivera pas, et on doit l’accepter. Ma libido ne se réveille pas avant le milieu d’après-midi, au moins.
— Je crains de ne pas avoir de temps libre avant…
Cette fois-ci, Dominique consulta vraiment son agenda.
— Tard demain soir, sauf si tu veux passer au bureau entre une réunion avec les ministres et le Gala Diplomatique de l’Union européenne.
— Un gala ? Je ne dois pas y assister, j’espère ? C’est la première fois que j’en entends parler, s’affola Steph d’une voix quelque peu tremblante.
— Madame Moreau t’aurait prévenue il y a bien longtemps si ta présence était requise.
Assez tôt dans le mandat présidentiel de Dominique, elles avaient décidé que Steph ne participerait qu’à un minimum de réceptions officielles. Dominique n’avait pas besoin d’exhiber une femme à son bras, d’autant plus qu’elles n’étaient pas mariées, et Steph éprouvait une certaine aversion pour ce genre d’évènement.
— Je dîne avec Zoya, demain soir.
Steph se détendit visiblement.
— Tu as l’air de beaucoup l’apprécier.
— Tu sais aussi bien que moi que je préfère les femmes d’âge mûr, maintenant.
Steph sourit de toutes ses dents, et Dominique haussa les sourcils.
— Et comment ! Ça devait être une sacrée femme d’âge mûr pour te faire basculer de ce côté.
— C’est une sacrée femme, en effet.
Le doigt de Steph se rapprocha de la bouche de Dominique.
— En fait, c’est la Présidente française. Une simple mortelle n’aurait pas pu m’influencer ainsi, évidemment.
— Évidemment.
Dominique baissa le menton afin d’embrasser le doigt de Steph, sur lequel sa propre odeur persistait. Elle hésita à formuler ce qui lui passa par la tête, mais elle ne parvint pas à se retenir.
— As-tu réfléchi à la question que t’a posée ladite Présidente dans ce lit il y a deux semaines ?
Sous les yeux de Dominique, l’expression de Steph se crispa. Le silence s’abattit sur elles.
— Je ne comprends pas pourquoi tu accordes tant d’importance à un remariage.
— Je veux me marier avec toi.
Il s’agissait d’une répartie très fleur bleue, Dominique en avait parfaitement conscience. Elle n’aimait pas particulièrement entendre ces mots sortir de sa propre bouche, mais elle ne savait pas comment convaincre Steph autrement qu’en lui exprimant ainsi son amour.
— Je ne suis pas du genre à me marier, je ne l’ai jamais caché, bébé, répliqua Steph d’un ton exaspéré. Tu le sais.
— Je peux toujours rêver.
Dominique détourna le regard. Elle n’avait pas demandé Steph en mariage en grande pompe. Elle lui avait simplement posé la question, un soir assez semblable à celui-ci. L’une de ses rares soirées libres de tout devoir présidentiel, où elle pouvait se prélasser au lit avec sa compagne. Cette pensée lui avait traversé l’esprit à plusieurs reprises depuis leur emménagement à l’Élysée, et elle s’était concrétisée avec cette question. En toute honnêteté, Dominique en connaissait toutefois la réponse en avance. Il lui avait cependant fallu la poser. Au cas où Steph ait changé d’avis. Au cas où sa relation avec Dominique l’aurait persuadée que le mariage pouvait lui apporter le bonheur absolu.
— Je n’ai pas besoin d’un pauvre morceau de papier pour te prouver mon amour.
Ça n’a rien à voir avec ce papier, eut envie de protester Dominique, mais elle tint sa langue. Il valait mieux éviter d’insister pour continuer de savourer ce précieux moment dénué de toute obligation. Néanmoins, comme pour toute idée ayant un jour germé dans l’esprit de Dominique, elle savait qu’elle ne cesserait de lutter tant qu’elle n’aurait pas obtenu ce qu’elle voulait. Elle était la Présidente de la plus grande nation du monde, après tout.
Steph
— Même la Présidente ne peut pas passer la corde au cou de Stéphanie Mathis, annonça Steph d’un ton qu’elle espérait léger.
Dominique la dévisagea. Steph ne connaissait que trop bien son expression. On verra, disait-elle. Steph devait se montrer prudente : Dominique était si tenace qu’elle pourrait transformer ce sujet en une compétition d’obstination, ce qui rendrait la question complètement absurde et ferait fi de toute la joie d’une éventuelle union.
— Je t’aime. Je suis à tes côtés. Ça ne suffit pas ? l’interrogea Steph.
Dominique acquiesça.
— Je vérifiais seulement si la demande en mariage de Margot à Claire t’avait mis de nouvelles idées en tête.
— Retente ta chance après le mariage.
Steph ne pouvait s’empêcher de taquiner Dominique. Elles restaient rarement sérieuses plus de cinq minutes, toutes les deux. Dominique devait rester impassible pratiquement toute la journée, quand elle ne devait pas arborer son sourire aussi éblouissant que forcé. Quand elles se retrouvaient seules, Steph voulait que les sourires de Dominique soient sincères.
— Je n’y manquerai pas.
— Je n’en attends pas moins.
Les doigts de Steph reprirent leur cheminement juste sous la bouche exquise de Dominique. Lorsqu’elle contemplait sa compagne, Steph se demandait parfois ce qui l’avait autant attirée chez elle. La raison pour laquelle elle en avait redemandé – encore et encore.
Sa relation avec Dominique représentait un défi, et ce, depuis leur première rencontre. Il s’agissait toutefois d’un bon défi, de ceux qu’aucune autre femme n’avait pu lancer à Steph. De plus, la Présidente Dominique Laroche était bien évidemment magnifique, forte, directe, et tellement romantique de temps à autre que Steph doutait de côtoyer la même femme. Enfin, celle qu’elle voyait si souvent à la télévision, avec ce sourire glorieux et cet incontestable pragmatisme, n’avait rien à voir avec la femme dont elle partageait actuellement le lit.
Dominique lui paraissait toujours aussi fascinante. Pourquoi gâcher tout ça avec un mariage, une étape de vie tellement convenue ? Et que se passerait-il ensuite ? Dominique souhaiterait-elle avoir un enfant avec Steph ?
— Donc… Quand est-ce que je pourrai de nouveau satisfaire sexuellement la Présidente ?
Steph laissa glisser son doigt sur le menton de Dominique, puis dans son cou en direction de sa poitrine. Elle était prête à recommencer.
— Et si la Présidente te satisfaisait, plutôt ?
Le sourire en coin de Dominique embrasa le bas-ventre de Steph.
— Je n’imagine rien de mieux, répondit Steph avant de marquer une pause. Et c’est un honneur, bien sûr.
Bien qu’elle aborde le sujet sous forme de plaisanterie, il y avait un fond de vérité. Elle avait beau tenter de se convaincre du contraire, Steph tirait un plaisir pas si secret de recevoir des cunnilingus de la femme la plus haut placée du pays.
— Je ferais mieux de m’y mettre, alors.
Dominique embrassa Steph sur la bouche et inséra sa langue entre ses lèvres.
* * *
Steph ouvrit difficilement les paupières. Elle avait été vaguement consciente du lever de Dominique à la sonnerie de son réveil, mais, comme d’habitude, Steph s’était tournée de l’autre côté avant de se rendormir. Elle ne savait même pas si Dominique l’avait embrassée avant de partir ou non. Lors de leurs premiers matins dans cette chambre inconnue de leur nouveau foyer, Steph avait fourni l’effort de se réveiller pour une furtive étreinte, mais elle avait vite découvert la stérilité de ces efforts. Elles n’avaient pas le temps pour des bisous et câlins, le matin. Dominique avait à peine quelques instants pour voir ses enfants, et encore moins se blottir contre sa compagne avant une journée mouvementée.
Steph savoura ce moment de solitude. Elle avait un peu de temps devant elle avant de se rendre au travail, si elle pouvait l’appeler ainsi. Elle n’avait pas voulu démissionner de son poste chez Barbier & Cyr pendant le mandat présidentiel de Dominique, elle était même désormais associée, mais son rôle de Première dame de France entraînait son lot d’obstacles pour sa vie professionnelle. Lorsqu’elle rencontrait de nouveaux clients, ceux-ci devaient s’habituer à son identité de chargée de relations publiques et la séparer de la femme affichée dans les journaux aux côtés de la Présidente.
Claire et Juliette adoraient cela, bien entendu, puisque l’implication de Steph dans leur cabinet avait considérablement accru leur bénéfice. Tout le monde voulait travailler avec le cabinet ayant participé à l’élection de la Présidente. Pas seulement à cause de la victoire, mais pour ce que représentait Dominique. Une bouffée d’oxygène. Une nouvelle ère politique. Et personne ne symbolisait plus ce renouveau que Steph. La femme plus jeune que Dominique Laroche avait choisie pour compagne – contre l’avis de tous.
Heureusement, Claire et Juliette étaient ses meilleures amies et savaient que Steph ne pourrait pas supporter un poste symbolique, ni être exhibée pour attirer de nouveaux clients au cabinet. Elle s’affairait plutôt en coulisses, ce qui lui convenait parfaitement à cette période où elle se retrouvait un peu trop souvent sous les feux des projecteurs à son goût.
Steph entendit le craquement émis par l’ouverture de la porte de la chambre. Elle avait appris à ses dépens qu’il lui fallait se couvrir en vitesse quand cela arrivait. Elles disposaient d’employés à domicile, désormais. Steph avait eu bien du mal à s’y faire, et ce, malgré l’extrême discrétion inhérente à la formation desdits employés. Un miaulement s’ensuivit toutefois, et Steph soupira. Elle accordait sûrement plus de crédit à son chat qu’il n’en méritait, mais elle prodiguerait quelques caresses supplémentaires pour le remercier de savoir quand il pouvait lui rendre visite dans sa chambre.
Il sauta sur le lit et prit place dans le giron de Steph.
— Coucou, mon beau.
Steph le gratta derrière les oreilles, déclenchant ainsi des ronronnements immédiats.
— Mon gros chat présidentiel. Tu as attrapé quelque chose, ce soir ?
Pierrot donna un coup de tête contre sa main. Steph regrettait de ne pas pouvoir l’interroger sur ce qu’il pensait de leur déménagement d’un minuscule appartement à ce palace. Pour son propre bien, elle supposait que son chat voyait ce changement comme une amélioration.
