Passer aux informations produits
1 de 1

French Kissing: Saison Deux (PAPIER)

French Kissing: Saison Deux (PAPIER)

Quand The L Word croise Sex & the City... à Paris!

French Kissing suit une bande de Parisiennes qui naviguent entre tempêtes amoureuses et remous de la vie.

Prix habituel €18,99 EUR
Prix habituel Prix promotionnel €18,99 EUR
Promotion Épuisé

À PARTIR DU 2 SEPTEMBRE

Livraison

Les livres papier sont envoyés par moi, depuis la Belgique. Le temps d'acheminement varie en fonction de la destination.

Vous avez la possibilité de demander une dédicace dans la boite de texte qui se trouve au-dessus du bouton d'achat.

Veuillez remplir votre numéro de téléphone en passant votre commande, afin d’assurer une livraison sans soucis.

Description complète

Paris… Ville Lumière, ville de l'amour… et ville de tous les secrets !

Après une trahison de trop, Juliette risque de perdre Nadia pour de bon — et avec elle, dix années d'amour qu'elle pensait inaltérables.

Claire, elle, croyait enfin avoir trouvé sa moitié en la personne de Margot, jusqu'au retour fracassant d'une ex un peu trop séduisante.

Pendant ce temps, Steph s'enfonce dans une liaison aussi enflammée que politiquement explosive avec la députée Dominique Laroche — un secret qui pourrait à tout instant faire la une des journaux.

Avertissement : cet ouvrage contient un langage sensuel, des femmes qui font l’amour, des secrets beaucoup trop mal gardés, et assez de drames lesbiens pour faire trembler toute la rive droite.

Thèmes et tropes

  • Écart d'âge
  • Romance au boulot
  • Couple à long terme
  • Intrigue politique

Lire l'échantillon

Épisode quatre

Margot

Margot avait sincèrement cru que ses sentiments pour Inez appartenaient au passé, mais désormais face à elle pour plus d’une courte minute pour la première fois en un an, elle n’en était plus si sûre. Elle se reprit rapidement et repoussa les souvenirs aussi aléatoires qu’indésirables qui s’imposèrent dans son esprit. Si elles devaient travailler ensemble, elle allait devoir apprendre à mieux gérer la situation.

De plus, elle était amoureuse de Claire.

— On pourrait parler, un de ces jours ? lui demanda Inez. Seulement quelques minutes. Pour crever l’abcès.

— En ce qui me concerne, il n’y a aucun abcès à crever.

Inez pensait-elle vraiment pouvoir venir comme une fleur et faire comme si elle n’était jamais partie ?

— Allez, Go-Go.

Fut un temps, ces mots accompagnés d’un sourire en coin et pourquoi pas d’un rayon de soleil illuminant les taches de rousseur sur le nez d’Inez auraient ensorcelé Margot, réduisant pratiquement à néant toute ténacité ou résistance à une quelconque idée folle, mais cette époque était révolue depuis longtemps.

— Que dirais-tu d’un déjeuner ?

— Je déjeune avec ma petite amie.

Margot toisa Inez, espérant que son regard glacial touche sa cible. Même la chevelure d’Inez, comme sa simple présence, lui paraissait offensante. Elle était trop brillante, trop flamboyante. Juste trop.

Inez perdit son sourire.

— D’accord. Je te connais suffisamment pour savoir que je dois prendre mon temps avec toi, Go-Go, et je ne vais nulle part.

Avec un clin d’œil, Inez tourna les talons et sortit de la salle de repos.

Bien qu’elle ne distingue plus que le dos de sa blouse blanche, Margot imaginait sans peine le sourire de son ex. Elle charmerait bientôt tout l’hôpital avec.

Alors qu’elle suivait Inez, ses pas plus mesurés que d’habitude afin de maintenir une certaine distance entre elles, son portable vibra dans sa poche.

— Hey, comment ça va ? s’enquit Claire.

— Bien.

Il ne s’agissait pas exactement d’un mensonge. Margot aurait pu espérer rester indifférente face au retour d’Inez, mais cette perspective n’avait jamais rien eu de réaliste. Elle allait forcément être quelque peu meurtrie.

Claire ne l’interrogea pas plus au sujet d’Inez et soupira.

— Je ne vais malheureusement pas pouvoir déjeuner avec toi. C’est encore la pagaille au bureau.

— Que s’est-il passé ?

Margot ne comprenait pas du tout comment Barbier & Cyr pouvait engendrer des bénéfices avec tous les drames qui se déroulaient dans leurs bureaux, et elle n’en savait certainement que la moitié.

— Je ne sais pas trop, mais Juliette a fini par craquer. Elle ne vient pas aujourd’hui, et je dois prendre le relais pour certains de ses rendez-vous.

Margot ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel – Claire ne pouvait pas la voir, de toute façon.

— D’accord. J’essayerai de passer ce soir, mais je vais aller voir comment va Nadia avant, juste au cas où.

Elles raccrochèrent, puis Margot jeta un coup d’œil à sa montre. Elle n’avait pas le temps pour d’autres drames lesbiens. Sa première opération de la journée commençait dans sept minutes tout pile.

Près du bureau des infirmiers, situé à l’autre bout du couloir, Alice, l’infirmière en chef habituellement austère, riait aux éclats, Inez à ses côtés.

La journée allait être longue.


Claire


Claire essaya une fois de plus d’appeler Juliette. Cette dernière s’était contentée de lui envoyer un bref message ce matin-là, sans lui donner la moindre raison pour son absence au bureau. Claire pourrait sûrement obtenir toutes les informations nécessaires pour les rendez-vous du jour auprès de Sybille, mais celle-ci n’était pas encore arrivée non plus. Plus que tout, elle souhaitait s’assurer que Juliette allait bien.

À sa sixième tentative, Juliette décrocha enfin, ne prononçant qu’un unique mot.

— Oui.

— Jul ? Que se passe-t-il ? Tu es malade ?

Seul le silence lui répondit. Claire ne savait que penser.

— Tu me fais peur. Jul ?

— Tu peux venir ?

Peut-être s’agissait-il d’interférences sur la ligne, mais Claire aurait juré entendre Juliette sangloter.

— Bien sûr.

Les rendez-vous pouvaient bien être reprogrammés, après tout, ce qui n’était pas le cas de leur amitié.

— J’arrive.

Claire demanda à Fred de remanier son emploi du temps et de s’organiser avec Sybille, lorsqu’elle arriverait enfin, pour déplacer les rendez-vous de Juliette. Elle quitta ensuite les bureaux de Barbier & Cyr et se dirigea vers l’immeuble de Juliette et Nadia, une marche d’une dizaine de minutes en pente. Le soleil brillait, et la circulation ne s’amenuiserait pour l’été que dans deux semaines, il aurait donc été stupide de prendre un taxi.

Son esprit dériva vers le futur, dans deux semaines. Comme tous les ans, elle passerait une semaine dans la maison de vacances familiale à Gordes, le seul moment de l’année où elle passait plus de deux jours d’affilée avec ses parents et la famille de son frère. Après la débâcle de la clé, elle s’était dit qu’il était trop tôt pour inviter Margot, même pour un court week-end. Toutefois, maintenant qu’une rencontre avec les parents de Margot était prévue dans un futur proche, elle allait peut-être revenir sur cette décision. Elle n’était cependant pas certaine que leur relation naissante supporte le dysfonctionnement de la famille Cyr.

Elle attendrait de voir comment se déroulerait sa rencontre avec les parents de Margot avant de lui proposer de faire la connaissance de Gaston et Léonie Cyr. Elle craignait que Margot, sa petite amie si raisonnable et logique, soit rebutée par sa famille à moitié folle.


* * *


Juliette avait l’air d’avoir bu un tonneau de vin au cours de ce week-end prolongé. Elle ouvrit la porte vêtue d’un peignoir et de chaussons, puis elle invita Claire à entrer.

— Bordel, Jul.

Claire la suivit dans la pénombre du salon, où les rideaux étaient fermés.

— Qui est mort ?

— Ma morale, déjà.

Le peignoir de Juliette s’ouvrit au niveau de sa poitrine lorsqu’elle s’avachit sur le canapé. Elle ne portait rien en dessous. Bien que cette vision n’ait rien de nouveau pour Claire, elle éprouva tout de même une certaine gêne.

— Raconte.

Claire prit place face à Juliette et dévisagea son amie. Le visage marbré et les yeux rougis, elle était manifestement incapable de soutenir le regard de Claire.

— Je ne sais même pas par où commencer. Tu sais que je te taquine souvent pour avoir couché avec Steph, il y a des années ?

Elle jeta un rapide coup d’œil à Claire avant de détourner de nouveau le regard. Celle-ci acquiesça.

— C’est plus que mérité.

— J’ai couché avec Sybille, admit Juliette dans un soupir. Nadia est rentrée plus tôt que prévu de Barcelone, et elle aurait tout aussi bien pu nous surprendre en plein acte.

Claire en resta bouche bée. Elle s’efforça de traiter l’information, mais son cerveau refusait apparemment de l’accepter.

— Je suis tellement désolée, continua Juliette. Je ne suis pas moi-même, ces derniers temps. Tout ça, c’était vraiment trop pour moi. J’étais soûle, elle était là, et je n’avais pas les idées claires.

Elle secoua la tête, puis elle déglutit difficilement.

— Et Nadia… son expression. Je ne l’oublierai jamais, déclara-t-elle avant de laisser échapper un ricanement. Et avant que tu me poses la question, le sexe n’en valait clairement pas la peine. Tu n’imagines même pas.

Juliette souffla longuement.

— Tout du long, je ne pensais qu’à Nadia, et puis elle est arrivée sans prévenir. C’est ironique, non ?

Claire ne savait toujours pas quoi répondre. Abasourdie, elle scruta son amie. Peut-être devrait-elle devenir femme de médecin et s’éloigner de tous ces drames personnels.


Juliette


Juliette n’avait jamais vu Claire aussi muette.

— Je peux contrôler Sybille, s’entendit-elle affirmer. Elle a une petite amie, de toute façon, et je n’ai absolument aucune intention de remettre le couvert.

Elle avait l’impression de se regarder jouer une scène, de proclamer des mots écrits pour elle.

— Mais après avoir autant donné du fil à retordre à Nadia pour ce qu’elle a fait, je crains de l’avoir perdue pour de bon.

Juliette revit l’expression à la fois déconcertée et méprisante de Nadia. Claire, elle, retrouva enfin la parole.

— Pour l’amour du ciel. Je ne sais sincèrement pas quoi dire.

— Inutile de dire quoi que ce soit, mais je voulais te mettre au courant au plus vite. Je… Je suis désolée.

Telle une vague glacée, la honte submergea de nouveau Juliette.

— Ce n’est pas auprès de moi que tu devrais t’excuser, Jul.

La douceur du ton de Claire était presque insupportable pour Juliette, elle ne méritait certainement pas une telle bienveillance.

— C’est à toi de voir comment gérer Sybille, tant que ça n’impacte pas notre entreprise, mais je ne peux pas vraiment te juger.

Claire s’avança au bord de son siège.

— Mais Nadia… c’était une vengeance ?

Juliette était au summum de la mortification : assise dans la pénombre de son appartement avec sa meilleure amie, elle se demanda si elle avait couché avec son assistante la veille au soir pour se venger de ce qu’avait fait Nadia ou non. Et un mardi matin, en plus, alors qu’elles devraient toutes deux être au travail.

— C’était une énorme erreur, c’est tout.

Juliette se remémora l’aisance avec laquelle elle avait cédé à son besoin irrépressible de contact humain, d’être étreinte.

— Il n’y a pas de place pour la vengeance dans une relation, pas si elle est saine.

Elle puisa dans ses forces pour se redresser, puis elle plongea son regard dans celui de Claire.

— Désolée de t’avoir fait venir jusqu’ici. Je m’apitoyais sur mon sort.

— C’est moi, Jul. Tu n’as pas besoin de faire bonne figure.

Le sourire de Claire attisa encore la culpabilité de Juliette.

— Si, pour moi-même, protesta-t-elle en se levant du canapé. Que puis-je faire ? Passer la journée ici à me morfondre ?

Elle se dirigea tout droit vers la fenêtre et tira les rideaux, mais plissa les yeux face à la soudaine luminosité.

— Tu devrais parler à Nadia. N’attends pas trop longtemps.

Juliette soupira.

— Je vais essayer, promit-elle avant de s’appuyer contre le rebord de la fenêtre. Viens ici. S’il te plaît.

Sous ses yeux, Claire se leva de son siège et la rejoignit. Cette bonne vieille Claire. Elle paraissait toujours tellement calme et posée. Juliette ouvrit grand les bras et attendit l’étreinte de sa meilleure amie. Elle avait profondément blessé Claire aussi, autrefois. Ce n’était pas intentionnel, elles n’étaient tout simplement pas faites l’une pour l’autre en tant qu’amantes, mais elle l’avait quand même peinée.

— La prochaine fois que tu auras besoin d’un câlin, appelle-moi, lui murmura Claire à l’oreille.

À ces mots, Juliette s’effondra. Elle avait pleuré la veille au soir, mais sans ces sanglots lourds et libérateurs. Pas sur l’épaule de Claire. Pas dans les bras de sa meilleure amie.

— Je m’occupe de tout, au bureau. Va voir Nadia. Arrange les choses.

Cela semblait si simple dans la bouche de Claire, presque faisable. Néanmoins, Juliette savait que les rôles s’étaient encore une fois inversés, et Nadia refuserait de lui adresser la parole.


Nadia


— Tu avais raison pour Sybille, annonça Nadia à Steph.

Elle avait eu toute la nuit pour digérer la situation. Incapable de trouver le sommeil, elle s’était tournée et retournée dans la chambre d’amis de Margot. Elle allait devoir se pencher sur la question du logement et trouver une solution plus permanente.

— Elle a déjà obtenu ce qu’elle voulait.

Face à elle, Steph plissa les yeux – elle donnait plutôt l’impression de sortir les griffes.

— Comment ça ?

— J’ai pris un vol pour rentrer plus tôt de Barcelone, déterminée à récupérer Juliette, ou au moins à avoir une conversation adulte avec elle, pour une fois, et j’ai trouvé Sybille à moitié nue dans notre appartement. Après coup.

Nadia s’était efforcée d’effacer de son cerveau le souvenir de l’apparition soudaine de Sybille derrière Juliette, mais plus elle essayait, plus les images de la jeune femme au corps encore parfait s’imposaient dans son esprit.

— Je sais que je ne peux pas m’en offusquer, avec ce que j’ai fait, mais… dans notre lit, Steph ? Elle l’a amenée chez nous.

Steph secoua la tête.

— Je le savais. Je le savais, bordel.

Elle se pencha sur la table où elles étaient censées déjeuner, bien qu’aucune d’elles ne touche à son assiette.

— Tu ne peux pas laisser ça s’immiscer entre Jul et toi. C’est exactement ce qu’elle cherche. Petite sa…

Steph s’interrompit avant de prononcer le mot.

— Ce n’est même plus le problème.

La combativité de Nadia s’était un peu plus évaporée à chaque pas l’éloignant de leur appartement.

— Regarde-nous. Il n’y a plus de nous. Tout est allé trop loin. On s’est fait trop de mal. C’est ridicule.

Steph posa sur elle son regard bleu.

— Ne dis pas ça, Nadz. Ça doit être douloureux, mais…

— C’est terminé.

Nadia repoussa encore son sandwich sur la table, puisque sa simple vue lui donnait la nausée.

— Je me moque de savoir qui est fautive. J’en ai assez d’essayer de m’expliquer. Surtout, je pense qu’on s’est suffisamment déchirées.

L’appréhension lui retourna l’estomac.

— Parfois, ça ne fonctionne tout simplement pas.

— Non, non, non…

Steph haussa le ton, comme si la puissance de sa voix seule pouvait forcer Nadia à changer d’avis ou changer les évènements l’ayant menée à cette conclusion.

— Juliette a besoin de toi, Nadz. Tu le sais bien.

— Avant, oui.

Nadia savait que c’était autrefois le cas, mais Juliette n’avait pas eu vraiment besoin d’elle depuis des années. Elle avait suivi son propre chemin.

— Et si tu ne l’avais pas trouvée avec Sybille ? insista Steph.

Elle était apparemment bien plus disposée à se battre pour leur relation que Nadia et Juliette.

— Mais c’est arrivé, et c’est comme ça, rétorqua-t-elle en levant les mains. Cause et conséquences… J’aurais tout aussi bien pu pousser moi-même Sybille dans notre lit.

Nadia ne pouvait en être certaine, mais elle supposait que Juliette avait couché avec son assistante pour échapper à la réalité, raison pour laquelle elle avait elle-même fini au lit avec Marie Dievart.

— Même si on s’arrête maintenant, si on commence enfin à se comporter en adultes, on ne peut pas effacer le passé.

Nadia n’était pas naïve au point de croire que l’écart de Juliette avec une autre femme pouvait annuler son propre adultère.

— On ne peut pas se sortir de ce pétrin. La blessure est trop profonde pour qu’on parvienne à s’en remettre.

Cette déclaration donnait l’impression d’une décision logique et acceptée, mais le désespoir envahissant chaque cellule du corps de Nadia et lui causant une douleur physique était tout sauf acceptable.

Avec la conclusion qu’elle avait tirée lors de son vol de retour, Nadia considérait tout ce qu’il s’était passé entre Juliette et elle comme son propre échec. Elle aurait dû se battre pour leur relation quand elles avaient encore une chance. Il était trop tard, maintenant.

— Dix ans, Nadz, murmura Steph comme si elle avait besoin de ce rappel.

Afficher tous les détails