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French Kissing: Saison Quatre (E-BOOK)
French Kissing: Saison Quatre (E-BOOK)
Six mois après la fin de French Kissing: Saison Trois...
Des amitiés seront mises à rude épreuve, d'anciennes attirances se raviveront, des émotions trop longtemps refoulées devront enfin être affrontées… et une élection présidentielle se jouera en toile de fond.
À PARTIR DU 2 SEPTEMBRE
Description complète
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Paris… Ville Lumière, ville de l'amour… et ville de tous les aveux !
Six mois se sont écoulés depuis que Dominique et Steph ont officialisé leur relation au grand jour. Comment la fameuse vidéo a-t-elle bouleversé leur quotidien, et Steph tient-elle le choc face à sa nouvelle notoriété ?
Après son accident de moto, Margot reprend enfin le chemin de l'hôpital — où elle devra désormais côtoyer au quotidien la troublante neurochirurgienne Marie Dievart.
Pendant ce temps, Juliette n'a toujours pas renoncé à son rêve de maternité : parviendra-t-elle à convaincre Nadia qu'il n'est pas trop tard pour devenir mères ?
Et Claire, de son côté, tiendra-t-elle bon face au lourd secret qu'elle porte depuis des mois ?
Avertissement : cet ouvrage contient un langage sensuel, des femmes qui font l'amour, une consommation excessive de vin, et — promis, juré — plus aucun rebondissement de dernière minute.
Thèmes et tropes
Thèmes et tropes
- Écart d'âge
- Romance au boulot
- Couple à long terme
- Intrigue politique
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Épisode onze
Claire
— Oh, mon Dieu, haleta Claire.
Marie Dievart releva la tête d’entre ses jambes, un sourire victorieux aux lèvres. Quel visage, songea Claire. Une telle beauté gâchée par un cœur si cruel. Pourquoi continuait-elle de s’infliger ça ? Pourquoi cette femme avait-elle autant d’emprise sur elle ?
— Ça t’a plu ? l’interrogea Marie après s’être essuyé les lèvres.
Comme toujours, une pointe de dédain perçait dans sa voix. Claire s’interrogea sur la nécessité d’aller voir un psychologue qualifié afin de discuter de cette attirance persistante et dévastatrice qu’elle éprouvait pour la neurochirurgienne. Ou peut-être avait-elle développé un fétichisme pour les médecins. Quoi qu’il en soit, elle pouvait encore une fois se maudire d’avoir répondu à l’appel de Marie. Celle-ci l’appelait souvent, et Claire décrochait chaque fois.
— Hum hum, fredonna Claire.
Pourquoi manquait-elle autant de discernement ?
— Tu restes ?
Marie la dévisagea, une lueur que Claire ne pouvait qualifier que de pitié dans les yeux. Comme si elle voulait lui demander « Es-tu obligée de poser la question chaque fois ? » Elle était toutefois restée une fois, deux semaines plus tôt, donnant à Claire une raison d’espérer qu’elle recommence.
— Je ne peux pas, répondit Marie d’un ton particulièrement réprobateur. Tu le sais bien.
Claire n’en savait rien, mais elle acquiesça tout de même, son estime d’elle-même déclinant encore un peu plus au passage – même s’il ne lui en restait pas énormément, après six mois de ce manège. Elle répéta les mots dans son esprit : On devrait peut-être arrêter de se voir. Elle savait néanmoins qu’elle ne les prononcerait pas de vive voix de sitôt. Elle savait également que si elle trouvait le courage d’exprimer cette pensée, Marie la scruterait de ces yeux clairs et lui répondrait « Je pense que tu as raison ». Et Claire l’écouterait. C’était dans sa nature.
— Je dois y aller.
Marie, qui n’avait même pas pris la peine de retirer la majorité de ses vêtements, vint s’asseoir à côté d’elle. Claire caressa son bras nu d’un doigt sous le regard fixe de Marie. Cette fois-ci, Claire refusait d’imaginer ce qui pouvait lui passer par la tête. Elle commençait à en avoir assez d’essayer de lire dans les pensées de Marie Dievart.
— Je t’appelle demain.
Elle se pencha pour déposer un baiser sur le bout du nez de Claire.
Bien qu’elle ne le chronomètre pas, Claire avait l’impression distincte que le temps entre les orgasmes bouleversants que lui procurait Marie et son départ se faisait toujours plus court. Comme si elle devait toujours se rendre ailleurs en urgence après leurs ébats. Mais où pourrait-elle bien aller ? Il était minuit, un mardi.
— J’ai besoin de dormir seule, lui avait-elle expliqué après leur première fois tout en ramassant ses habits. Je ne dors pas bien quand j’ai de la compagnie et, dans ma profession, le manque de sommeil est presque un crime.
Qu’est-ce que Claire aurait bien pu répliquer ? Margot partageait volontiers mon lit ? Elle ne dormait pratiquement pas dans les débuts de notre relation et menait quand même ses opérations à bien ?
— D’accord.
Claire se contenta de sourire faiblement à Marie. Si le moindre mécontentement transparaissait dans son expression, Marie ne le remarqua pas, ou bien elle s’en fichait. Bien entendu, il serait très hypocrite de la part de Claire d’extérioriser une quelconque contrariété alors que Marie venait une fois de plus de bouleverser son monde. C’était bien le problème. Claire ne pouvait pas se passer de Marie, elle avait pourtant essayé. Cependant, dès que Marie se présentait à sa porte, elle la laissait entrer. Claire semblait perdre toute résistance face à la neurochirurgienne.
— Dors bien, déclara Marie comme si Claire était une enfant à qui elle venait de lire une histoire.
Claire devait toutefois l’admettre, si elle en redemandait toujours plus, c’était tout autant à cause de cette attitude hautaine et de cette distance maintenue entre elles par Marie que de sa beauté surnaturelle.
— Toi aussi.
Claire observa Marie ramasser le reste de ses vêtements, puis enfiler ses chaussures et sortir de la pièce. « Il faut que ça cesse », se dit-elle après avoir entendu la porte d’entrée se refermer. C’était si simple, quand personne n’écoutait. Ce n’était pas une relation, ni même une liaison, seulement du sexe entre deux femmes célibataires et consentantes. Chaque jour, Claire se demandait si elle était amoureuse de Marie Dievart. Elle éprouvait indubitablement de forts sentiments pour certaines parties d’elle, mais de l’amour ? À l’égard d’une personne comme elle ? Claire doutait même que ce soit possible, à moins d’être la femme la plus masochiste du monde. En toute sincérité, elle était en bonne voie pour le devenir.
Elle resta un très long moment à contempler le plafond. Elle ne parvenait jamais à s’endormir paisiblement après les visites de Marie. Ces dernières étaient excitantes, palpitantes et extrêmement satisfaisantes, tout du moins d’un point de vue physique. Néanmoins, Marie Dievart avait beau embraser son sang, Claire se retrouvait toujours émotionnellement dévastée.
Steph était la seule au courant de ces rendez-vous illicites avec Marie, et elle les condamnait farouchement. Steph n’était toutefois plus la femme que Claire avait connue pendant près de dix ans. Elle était désormais la compagne d’une femme politique de droite, elle ne pouvait donc évidemment pas cautionner les actes de Claire. Malgré tout, ce que Claire détestait le plus dans cette situation, c’était l’impossibilité d’en parler avec sa meilleure amie. C’était absolument hors de question. Claire était submergée par la culpabilité chaque fois qu’elle voyait Juliette – c’est-à-dire presque tous les jours.
— Quel bordel, murmura-t-elle dans l’obscurité. Mais qu’est-ce que je fous ?
Claire ne cherchait rien de sérieux. Sa brève aventure avec Margot lui avait au moins appris ça. Toute cette souffrance, cette vulnérabilité émotionnelle pour être finalement manipulée par une autre personne… Cela n’en valait pas la peine, parce que Claire en avait sacrément bavé.
Ses ébats avec Marie Dievart étaient bien plus passionnants que ses parties de jambes en l’air aussi furtives qu’occasionnelles avec la pilote. Marie lui prodiguait un plaisir que même Margot n’avait pu lui faire atteindre. Peut-être grâce à son absence d’émotions, ou peut-être parce qu’elle était une mégalomane dotée d’une confiance inébranlable, telle que Claire n’en avait jamais vu. Le fait était que, peu après l’accident de Margot, quand tout s’était autant calmé que possible et Marie l’avait appelée, Claire avait senti ses genoux flancher sous l’afflux du désir. Elle avait tenté de se concentrer sur sa culpabilité, sur les conséquences possibles pour ses liens amicaux, mais elle s’était sottement fait passer en priorité. Après tout, auprès de qui rentrait-elle le soir ? Elle n’avait même pas de chat.
Rien qu’une fois, s’était convaincue Claire. J’irai la voir rien qu’une fois, et personne ne le saura jamais. Cependant, même si elle se doutait que l’alchimie entre Marie et elle serait explosive, raison pour laquelle elle avait été incapable de lui résister dès le premier jour, elle n’aurait jamais imaginé l’ampleur de l’autorité exercée par la médecin sur elle. Elle avait emmené Claire si haut, un endroit tellement hors de portée que Claire ne connaissait même pas son existence. Après cette première fois, alors que Marie vivait encore au Figaro près du canal Saint-Martin, Claire avait aussitôt su qu’elle en voudrait plus. L’inverse était inconcevable.
Et voilà où elle en était, six mois plus tard. Les mensonges à ses amies s’étaient multipliés. Elle avait à peine vu Margot parce que c’était trop douloureux. Steph lui parlait à peine parce qu’elle désapprouvait le choix de Claire concernant sa… quoi ? Sa partenaire sexuelle. Ce n’était rien de plus, après tout. C’était impossible. De plus, Marie avait très clairement stipulé dès le départ que la monogamie n’était qu’un concept désigné pour des êtres moins évolués.
Je t’emmerde, avait pensé Claire lorsque Marie avait exprimé cette opinion, mais elle avait tout de même continué de l’inviter dans sa chambre à coucher. Malgré tout, dans des instants de vulnérabilité, elle rêvait d’être plus qu’un corps, et un esprit, à manipuler pour la chirurgienne. Mais quelle était son alternative ? L’écrasante solitude dans laquelle elle s’était noyée quand Margot l’avait quittée ? Les infinies comparaisons avec ses amies, toutes heureuses en ménage – même Steph, pour l’amour du ciel. Juliette et Nadia étaient mariées et parlaient de plus en plus d’un projet bébé. Steph était accaparée soit par la gestion de la campagne de Dominique, soit par ses efforts pour devenir une meilleure partenaire de femme politique – et pour effacer celle qu’elle était avant sa rencontre avec Dominique Laroche. Quant à Margot, eh bien, elle ne savait pas trop.
C’était sa vie, maintenant. Était-ce une si mauvaise vie ? Pour tout son entourage, sûrement, mais pour elle, c’était simplement comme ça. La majorité de ses besoins étaient satisfaits, n’était-ce pas déjà suffisant ? Son compte en banque était bien rempli. Elle avait sa propre entreprise. Elle avait des relations sexuelles régulières avec une femme qui savait parfaitement comment la combler. Elle avait un bon groupe d’amis. Elle avait tout ça.
Alors pourquoi ai-je l’impression que tout part encore une fois en miettes ? Elle se leva, désormais écœurée par l’odeur de sexe persistant dans sa chambre, puis elle enfila un peignoir et se dirigea vers son bar. Elle ne parviendrait jamais à s’endormir, sans ça.
Margot
La première semaine du retour de Margot à Saint-Vincent ne se déroulait pas très bien. La petite voix dans sa tête qui lui criait « Tu ne le mérites pas » était particulièrement persistante. Sa jambe était complètement remise. Elle avait quelques cicatrices, mais pas suffisamment pour lui rappeler le drame qu’elle avait causé. Comme si son corps l’exhortait à oublier ce qu’il s’était passé et tourner la page. Personne n’était mort. Seule Margot avait été blessée et, malgré la guérison de ses fractures, son esprit était toujours ébranlé.
— La Terre appelle le docteur de Hay, annonça Nadia.
Elle avait insisté pour déjeuner avec Margot tous les jours cette semaine afin de faciliter la transition pour son retour au travail, assurant qu’une demi-heure passée face à son visage amical chaque jour aiderait Margot. Nadia avait eu à la fois raison et tort. Bien sûr, Margot était ravie de voir son amie tous les jours et de manger en sa compagnie, et elle était reconnaissante à Nadia de prendre ce temps pour elle, mais cela ne diminuait en rien ce qui la rongeait de l’intérieur : qui était-elle pour mettre les pieds dans cet hôpital et tenter de guérir des gens après ce qu’elle avait fait ?
— Désolée, Nadz. Je suis un peu submergée par tout ça.
— Oui, eh bien, impossible de prendre le temps quand on est chirurgien traumatologue.
— Ce n’est pas le travail. Je suis ravie de pouvoir me perdre dans le travail. Il n’y a qu’au bloc opératoire que les voix dans ma tête se taisent.
Margot se réprimanda intérieurement d’être aussi dramatique. Néanmoins, Nadia était son amie. Elle était passée chez les parents de Margot tous les jours, après que l’hôpital l’eut laissée sortir, et elle avait été le rayon de soleil des longues journées au cours desquelles Margot pouvait à peine bouger, complètement à la merci des autres pour accomplir la moindre tâche du quotidien.
— Des petites voix, hein ? s’enquit Nadia, l’air inquiet. Dois-je te prendre rendez-vous au service psychologie ?
Voilà qui tira un petit rire à Margot.
— Ça ne sera pas nécessaire, merci.
Margot avait perdu tout intérêt pour son sandwich dix minutes plus tôt, donc elle se renfonça dans sa chaise.
— Raconte-moi quelque chose, Nadz. Quelque chose sans le moindre lien avec la détresse que j’ai causée, pour me faire penser à autre chose qu’à mon retour au travail dans l’hôpital où j’ai été soignée, et où tous mes collègues savent que j’ai conduit en état d’ivresse.
— On en a déjà discuté, soupira Nadia. Ne sois pas si dure avec toi-même. Tes collègues ne voient rien d’autre en toi qu’une chirurgienne d’exception. Pas la personne que tu penses être à leurs yeux.
Elle leva une main.
— Mais je te l’ai déjà dit à maintes reprises, et j’en ai marre de me répéter.
Nadia laissa retomber sa main sur la table dans un bruit sourd, sûrement pour appuyer ses propos. Elle plissa ensuite les yeux.
— Quant à ta requête de distraction. Tu devrais sûrement savoir quelque chose, maintenant que tu as repris le travail.
— Je t’écoute.
— Je ne sais pas comment te l’annoncer, avoua Nadia avec un autre soupir. Je suis à peu près sûre que Dievart couche avec Claire.
Margot lutta pour ne pas rester bouche bée.
— Merde, commenta-t-elle en secouant la tête.
Claire était venue la voir à quelques reprises chez ses parents, mais ses visites avaient vite perdu en fréquence, poussant Margot à remettre en question l’amitié qu’elles tentaient de construire. Cependant, si cet accident avait accompli une seule chose, c’était que Margot avait tourné la page sur sa relation avec Claire. Elle n’avait pas eu le choix. Si elle s’était autorisée à se lamenter sur cette peine en plus du reste, elle ne serait pas ici à l’heure actuelle. En fait, elle avait été soulagée lorsque les visites puis les appels de Claire avaient cessé. Au moins Margot n’était-elle pas obligée d’être confrontée à la raison de sa stupidité.
Toutefois, la nouvelle que venait de lui partager Nadia la surprit grandement.
— J’étais prête à accorder le bénéfice du doute à Dievart quand elle a pris son poste ici. Vraiment. Enfin, je n’avais pas vraiment le choix, divagua Nadia. Mais, bon sang, l’ego de cette femme est surdimensionné de plus elle se moque de qui elle blesse tant qu’elle obtient ce et qui elle veut.
— Comment sais-tu, pour Claire et elle ?
Margot était plus qu’intriguée.
— Je le sais parce qu’elle n’arrête pas d’y faire allusion. Le comportement de Claire ces derniers mois a seulement confirmé mes doutes.
Nadia tapota la table du bout des doigts.
— J’ai croisé Dievart, l’autre jour, et elle a bâillé avec ostentation avant de me dire « Transmets mes amitiés à ta sublime amie Claire ».
Elle fit la moue et secoua la tête.
— Ça fait des mois qu’elle me sort ce genre de choses.
Margot fronça les sourcils.
— Merde. Dievart est Dievart, rien d’étonnant. Mais Claire ?
Margot se rappelait parfaitement la visite de Claire à son chevet, à l’hôpital. Dievart demandant à la voir dans le couloir. Les joues rouge écarlate de Claire. Sa confession ensuite et son air mortifié. Pas étonnant qu’elle ait cessé de lui rendre visite.
Nadia acquiesça, manifestement distraite.
— Je sais. Comment est-ce qu’elle peut faire ça à sa meilleure amie, n’est-ce pas ? Crois-moi, je ne comprends pas. S’il y a bien une personne qui a perdu le contrôle, c’est Claire. Je me disais seulement qu’il valait mieux que tu sois au courant, au cas où Dievart y fasse allusion devant toi aussi. Elle en est parfaitement capable.
Margot tenta de se remémorer ses quelques rencontres avec Dievart depuis son retour au travail. La neurochirurgienne s’était montrée particulièrement charmante à son égard, elle lui avait serré la main et tapé dans le dos. Margot voyait cette charade d’un nouvel œil très ironique, maintenant qu’elle savait que la neurochirurgienne couchait avec Claire.
— Quelle salope ! Je la croyais sincèrement aimable avec moi.
— Elle n’est aimable que si elle peut en tirer quelque chose. Dans ce cas, une bonne dose de jubilation secrète, je dirais.
— Cette femme est le diable incarné, pesta Margot.
Même si elle avait tourné la page sur sa relation avec Claire et s’était pardonné de la peine qu’elle lui avait infligée, elle n’était pas immunisée contre la peine qui lui serra le cœur en apprenant que cette traîtresse de Dievart avait mis le grappin sur son ex.
— Si Juliette l’apprend…
Visiblement lasse, Nadia posa le menton sur son poing.
— Et comment pourrait-il en être autrement ? Claire est sa meilleure amie, et depuis de très nombreuses années.
— Tu ne penses pas qu’il vaudrait mieux que tu lui en parles ? s’enquit Margot.
Nadia enfouit son visage dans ses mains.
— Ah. Si. Enfin, c’est ma femme. Mais ça va tellement l’énerver. Et je ne suis pas vraiment innocente, dans tout ça.
— Non, Nadz. Laisse-moi te rappeler ton propre conseil.
Margot posa les coudes sur la table.
— Tu as commis une erreur, mais ça remonte à longtemps. Tu n’es pas responsable des actes de Claire. Elle est capable de prendre ses propres décisions.
— C’est vrai, mais le sujet Dievart restera toujours un point sensible entre Juliette et moi. En plus, je dois envisager les conséquences sur son amitié avec Claire. C’est la pire des trahisons, ce qu’elle fait. Juliette va la détester. C’est certain. Elles dirigent une entreprise ensemble. Tout est en péril, ici.
Du point de vue de Margot, Nadia aussi était un peu dramatique, aujourd’hui.
— Mais ce n’est pas toi qui mets tout en péril. C’est Claire.
— Je devrais parler à Claire, déclara Nadia d’un ton déterminé. C’est la seule solution pour éliminer le moindre doute, même si c’est plutôt que je m’accroche à une dernière lueur d’espoir.
— C’est un bon début, la rassura Margot en remuant les sourcils. Je vais quand même te dire une chose, Nadz. Tu as très bien réussi à me distraire de mes propres malheurs. Merci.
Elle doutait que sa réaction soit appropriée, mais elle éclata quand même de rire. Margot ne se refuserait pas le moindre rire.
— Toujours ravie de rendre service.
Nadia sourit en coin, puis elle fit tourner son alliance entre deux doigts. Le bipeur de Margot sonna soudain, tout comme quelques autres dans la cafétéria de l’hôpital. Margot bondit de sa chaise.
— Une urgence, apparemment. Tu me tiens au courant, d’accord ?
— Promis.
Nadia se leva elle aussi. Elles échangèrent un signe de tête, puis Margot se rua vers le service des urgences, espérant ne pas avoir besoin d’une consultation neurologique sur le patient qui arrivait. Quoique, Dievart ne savait pas qu’elle était au courant, donc peut-être pourrait-elle s’en servir à son avantage.
Je n’étais pas comme ça, avant, songea Margot. Ce fut sa dernière pensée avant qu’elle se laisse emporter par le tourbillon des urgences.
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