Harper Bliss Livres
French Kissing: Saison Six (E-BOOK)
French Kissing: Saison Six (E-BOOK)
L'apothéose de French Kissing...
Des associations vacilleront, des allégeances basculeront, des priorités seront revues de fond en comble, tandis que personnages adorés et vieilles ennemies font leur retour pour une ultime saison de drames et d'intrigues parisiennes.
À PARTIR DU 2 SEPTEMBRE
Description complète
Description complète
Paris… Ville Lumière, ville de l'amour… et ville de toutes les loyautés !
À un an de la fin du premier mandat de Dominique Laroche, le camp présidentiel se prépare déjà à la bataille pour sa réélection. Mais Dominique, elle, ne semble pas si pressée que ça de rempiler.
Aurore et Solange se sont tant de fois quittées et retrouvées que plus personne ne tient les comptes — et se retrouver dans des camps adverses en pleine campagne électorale pourrait bien être l'obstacle de trop. À moins que l'une des deux ne trouve le courage de faire un sacrifice.
Claire, de son côté, montre tous les signes d'un vent de folie. Plutôt que de mettre en péril son mariage avec Margot, ses frasques menacent l'avenir même de Barbier & Cyr — et son amitié avec Juliette et Steph.
Avertissement : cet ouvrage contient un langage sensuel, des femmes qui font l'amour, une consommation généreuse de vin, et quelques coups bas politiques bien sentis.
Thèmes et tropes
Thèmes et tropes
- Écart d'âge
- Romance au boulot
- Couple à long terme
- Intrigue politique
Lire l'échantillon
Lire l'échantillon
Épisode dix-neuf
Aurore
— Tu es sûre que tu ne serais pas mieux à travailler pour Séverine Marechal plutôt que Dominique Laroche ?
Ces mots avaient à peine quitté ses lèvres qu’Aurore les regrettait déjà.
Solange leva simplement les yeux au ciel, puis elle laissa échapper un petit soupir avant de se retrancher dans le silence. Toujours ce silence. Plus que tout, il rendait Aurore folle.
— Tu veux bien répondre quelque chose ?
Aurore avait tenté de battre Solange à ce jeu du silence, mais elle manquait de patience. Cette femme avait le don de lui taper sur les nerfs. Aurore se demandait au moins une fois par jour comment elle pouvait être attirée par une femme aux opinions politiques aussi ridicules.
— Que veux-tu que je te dise ? s’enquit Solange avec un haussement d’épaules. Quoi que je réplique, ça ne mènera qu’à une autre dispute.
Sur ces mots, elle plissa les yeux.
— Mais pour ton information, je n’envisagerai absolument jamais de travailler pour une personne telle que Séverine Marechal, ou n’importe quel autre candidat d’extrême droite. Je n’adhère à aucune de ses idées, affirma Solange en levant les yeux. On se fréquente depuis quelque temps, maintenant. Je pensais que tu t’en serais rendu compte.
— Je n’en suis pas si sûre. Les stratégies du MLR et de l’ANF diffèrent en matière de campagnes électorales, mais vos objectifs sont les mêmes.
Aurore ne pouvait s’en empêcher. Elle se moquait que Solange l’accuse encore, de son ton sec habituel, d’être une socialiste idéaliste désirant subvenir aux besoins des moins favorisés.
Solange se renfonça dans le canapé, sa chemise blanche froissée. Aurore lui avait acheté des chemisiers plus colorés, mais Solange ne les portait jamais. Elle pinça l’arête de son nez entre deux doigts.
— Je suis sincèrement trop fatiguée pour ça, ce soir.
— On est deux, dans ce cas, riposta Aurore.
Solange croisa brièvement son regard avant de reporter son attention sur les documents empilés sur la table basse, notamment la note de service concernant la réforme fiscale qu’elle était en train de lire.
— Je devrais peut-être y aller, suggéra Solange.
Aurore s’efforça d’ignorer l’élan de culpabilité qui lui noua l’estomac.
— Il est tard.
— Oui, je sais, mais je préfère encore traverser la ville à cette heure plutôt que rester à t’écouter m’accuser d’être secrètement fasciste, rétorqua Solange en secouant la tête. Oui, on aimerait faire passer cette réforme fiscale avant la fin du mandat de Dominique, mais je ne vois vraiment pas en quoi ça me rendrait apte à travailler pour une femme comme Marechal.
Solange rangea la note de service dans un classeur.
Aurore ravala sa réplique.
Solange, elle, se releva. Elle avait l’air fatiguée, même éreintée.
— Quand je viens ici, j’aimerais me détendre. Ne pas répéter le même débat chaque fois.
— Te détendre ?
Aurore inclina la tête en direction du classeur dans la main de Solange.
— Comment peux-tu te détendre quand tu travailles sur de nouvelles réductions d’impôts pour les riches ? Sur mon canapé. À vingt-deux heures.
Solange leva une main.
— On devrait peut-être arrêter de se voir. Complètement. Les élections approchent. Je vais être de plus en plus occupée, et… franchement, je me dispenserai bien de tes distractions socialistes.
— Mes distractions socialistes ? Je ne suis que ça, pour toi ? Une socialiste ?
Solange se redressa.
— Ce soir, certainement. Tu apprécies ces prises de bec incessantes ? Parce que j’en ai plus qu’assez, moi. Je préfère rester seule plutôt que me prendre la tête avec toi un jour sur deux.
— Tu es en train de rompre avec moi ?
Encore. Aurore essaya toutefois de maîtriser le tremblement de sa voix.
— Que reste-t-il à rompre ? On n’est pas vraiment le couple de l’année.
Solange récupéra son sac sur le canapé et y rangea son classeur. Aurore se rapprocha d’elle.
— Je retire ce que j’ai dit sur Marechal. Je me suis laissée emporter. Tu en as forcément conscience. Reste, s’il te plaît.
Aurore avait déjà vécu cette même situation à de multiples reprises. Chaque fois, elle était persuadée qu’il s’agissait de la dernière – que Solange allait disparaître de sa vie à tout jamais. Cette possibilité lui était insupportable.
— Ça ne fonctionne pas.
Solange haussa le ton, ce qui trahissait son sérieux, puis elle secoua la tête.
— Tu ne le vois pas ? Tu es censée être l’experte en relations et en communication, tous ces domaines dans lesquels je ne suis pas douée. Alors c’est à toi de me le dire. Tu penses vraiment que ça vaut la peine de dépenser notre énergie ainsi ? Parce que je pourrais consacrer la mienne à des choses bien plus importantes.
— Dans ce cas, je dirais que mon avis ne compte pas vraiment.
La voix d’Aurore se brisa.
— Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que tu crois sincèrement que notre couple vaut la peine de se battre.
Solange se rapprocha, au point qu’Aurore sentit son souffle sur sa peau. C’était nouveau. Serait-ce une allusion à leurs réconciliations sur l’oreiller ? Solange était-elle réellement sérieuse ?
En fin de compte, cela importait peu. Aurore était épuisée, elle aussi. Exaspérée par leurs disputes sans fin et par le fait de ne jamais se sentir complètement en harmonie. Solange était son opposé, ce qui l’agaçait plus souvent que cela ne l’excitait.
Aurore ne pouvait toutefois pas l’exprimer à voix haute. Elle ne pouvait pas s’avouer vaincue aussi facilement. Elle ne pouvait néanmoins pas mentir non plus.
— Je te respecte en tant que personne, mais je ne respecte pas tes opinions politiques. J’en suis incapable.
— C’est réglé, alors, geignit presque Solange. Je savais pouvoir compter sur ta franchise, ce que je respecte énormément.
Solange reprenait confiance, ou bien c’était l’impression qu’elle donnait avec son sarcasme.
Aurore tendit le bras et posa une main sur la hanche de Solange.
— Ne faisons pas ça.
Cet argument n’avait pas beaucoup de poids, et elle savait bien qu’il ne suffirait jamais à persuader une femme telle que Solange de rester.
— Je suis d’accord. Évitons ça.
Solange se décala, laissant retomber la main d’Aurore.
— Finissons-en, ici et maintenant.
Solange se dirigea à grands pas vers le couloir, Aurore sur les talons. Elle saisit son manteau accroché sur un cintre avant de se retourner.
— Je t’aime, ce n’est pas le problème, mais ça ne suffit pas toujours.
Aurore eut l’impression de se faire planter un couteau en plein cœur – parce qu’elle avait conscience de la vérité de ces mots. Elles étaient amoureuses, mais ça ne suffisait pas.
Sur ce, Solange enfila son manteau et sortit.
Aurore fixa la porte du regard pendant un long moment. Ce n’était pas la première fois que Solange s’en allait ainsi – Aurore avait perdu le compte de toutes leurs ruptures depuis qu’elles se fréquentaient. Correction : depuis qu’elles essayaient de se fréquenter. Cette fois-ci, en revanche, un nuage de mauvais augure planait dans l’air. En plus de l’intense tristesse qu’elle éprouvait toujours lorsque leur relation partait à vau-l’eau, Aurore ressentait également un certain soulagement. Voilà qui annonçait sans doute la finalité de cet au revoir.
Solange
Solange ouvrit la porte de son bureau à l’Élysée. Elle ne se lasserait jamais de ses arrivées dans cette pièce impressionnante, réservée au directeur de cabinet du Président. Rien ne lui faisait autant plaisir que son travail pour Dominique Laroche, une certitude à laquelle elle se raccrochait plus que jamais. Une migraine pulsait derrière ses yeux, et les trois tasses de café très fort ingérées un peu plus tôt n’aidaient pas sa fatigue. Elle avait à peine fermé l’œil de la nuit.
Sa conversation avec Aurore tournait en boucle dans son esprit. Aurait-elle pu gérer la situation autrement ? Elle s’était posé la question à d’innombrables reprises. La réponse était invariablement négative. Au moins Solange avait-elle essayé. Elle s’était aventurée dans une relation avec la personne la moins probable – peut-être le problème résidait justement là. Quoi qu’il en soit, sa vie privée allait de nouveau être reléguée aux oubliettes. Maintenant qu’elle n’avait plus à lutter contre Aurore, elle pourrait se consacrer à la stratégie pour la prochaine campagne électorale de Dominique. Bien qu’il reste un an et demi avant les élections, il n’était jamais trop tôt pour se pencher dessus. Solange avait bien besoin de cette distraction.
En parlant du loup. Solange venait à peine de s’asseoir lorsque Dominique apparut dans l’encadrement de sa porte, la tête inclinée.
— Si tu continues d’arriver toujours plus tôt, tu vas me faire de l’ombre. Ou bien as-tu dormi ici ? Tu as une petite mine.
Solange réfuta d’un signe de tête. Elle mettait un point d’honneur à ne pas discuter de sa vie privée avec la Présidente, mais elle supposait qu’une confession d’emblée clôturerait le sujet, et qu’elle n’aurait plus à aborder le sujet avec sa patronne ensuite.
— N’en fais pas tout un plat, s’il te plaît.
Elle porta son regard par la fenêtre.
— Aurore et moi avons rompu. Pour de bon, cette fois-ci. C’est fini, et c’est pour le mieux.
Voilà. C’était dit. Elle s’attendait à une vague de soulagement, mais elle fut submergée par la tristesse.
— Oh, Solange.
Dominique s’avança dans son bureau.
— Je suis vraiment navrée de l’apprendre.
— Je n’ai vraiment pas envie d’en parler, et j’apprécierai de pouvoir éviter une visite de Steph dans la journée, qui en ferait tout un plat.
— Ne t’inquiète pas de Steph, affirma Dominique en s’appuyant contre le bureau de Solange. C’est sûrement une question bête, mais as-tu besoin de prendre ta journée ?
— Avec tout mon respect, madame la Présidente, c’est effectivement une question bête.
Dominique acquiesça.
— J’ai réfléchi à la prochaine campagne, annonça rapidement Solange afin de changer de sujet.
Elle savait que Dominique respecterait son souhait de mettre un terme à cette conversation sur sa rupture. Pas seulement par respect pour Solange, mais simplement parce qu’elle n’avait pas le temps de se tracasser avec la vie privée de ses employés. Elle avait à peine le temps de voir ses propres enfants.
— Évidemment.
— Devrions-nous prévoir une entrevue avec Barbier & Cyr dans un avenir proche ?
Si ça ne tenait qu’à Solange, ils consulteraient d’autres agences également, mais Steph travaillait toujours officiellement pour Barbier & Cyr, il était donc hors de question que Dominique engage un autre cabinet pour gérer les relations publiques de cette campagne.
Dominique se mit à faire les cent pas dans le bureau.
— Tu es bien impatiente. Et si on se concentrait sur le passage de cette réforme fiscale à l’assemblée, avant ?
— Je m’y consacre, mais que dirais-tu d’une réunion préliminaire avec Claire et Juliette ?
Au cours de la dernière campagne, Solange n’aurait jamais envisagé d’appeler les fondatrices de Barbier & Cyr par leurs prénoms. Mais tout avait changé, désormais.
— Non, refusa Dominique en carrant les épaules. Pas encore.
— Tu veux te tourner vers une autre agence ? l’interrogea Solange.
Elle ne nierait pas sa perplexité.
— Non. Il est simplement trop tôt.
— Pas du tout, insista Solange. Je peux te garantir que Marechal et Rivière ont commencé leurs concertations, et ce seront tes deux compétitrices principales. En fait, on devrait viser un duel contre Marechal au second tour et tenter d’éliminer Ri…
— Solange, l’interrompit Dominique en levant une main. Stop.
Solange haussa les sourcils. Dominique ne haussait jamais le ton ainsi – pas avec sa directrice de cabinet.
Solange n’avait pas d’autre choix que d’accepter son manque de contrôle. Elle aurait toujours quelqu’un au-dessus d’elle dans la hiérarchie.
— D’accord.
— On va devoir effectuer de nouveaux calculs pour ce projet de loi, déclara Dominique sans s’expliquer. Encore.
— Je m’en occupe. Tout sera sur ton bureau d’ici une heure, mais…
Dominique avait beau être Présidente, elle n’y serait pas parvenue sans Solange. Et cette dernière avait déjà perdu une bataille la veille au soir. Elle avait besoin du frisson des préparations aux prochaines élections pour cesser de penser à Aurore.
— Nous planifierons bientôt cette première réunion.
Dominique se massa brièvement le front. Solange se doutait de la signification de ce geste. Dominique voulait certainement se présenter une fois de plus, non ? Le contraire était impensable. Ce que ça impliquerait pour Dominique, pour la France. Pour elle-même. Son cerveau ne pouvait l’imaginer.
— Tu comptes bien te présenter pour un second mandat ? s’enquit Solange.
Dominique ne répondit pas aussitôt. Merde. Avant de mettre au point un plan de bataille pour cette réélection, Solange devait en élaborer un autre. Si elle ne réussissait pas à convaincre Dominique de se présenter à nouveau, elle ne doutait pas que le père de Dominique vienne à sa rescousse. Elle se nota de le contacter au plus vite.
— Je suis sincèrement agacée par cette supposition automatique, souffla Dominique.
Que ça t’agace ou non, songea Solange, ça ne change rien.
— Devons-nous en discuter ? l’interrogea Solange.
— À un moment donné, oui. Mais comme je l’ai déjà dit, pas maintenant.
Elle n’ajouta rien avant de sortir.
C’était pire que sa rupture avec la femme dont elle était amoureuse. Bien, bien pire. Dominique devait se présenter aux prochaines élections. L’inverse était inenvisageable pour Solange.
Les e-books sont envoyés immédiatement par BookFunnel.com par email. Voici comment ça marche:
- Vous achetez un e-book
- Vous recevez un email de BookFunnel.com avec un lien de téléchargement
- Envoyez le livre vers votre liseuse et bonne lecture!
